On parle rarement des plaquettes de frein comme d’un upgrade.
C’est un consommable. On les change (souvent un peu tard), on oublie, et on roule tant que ca freine, que ca frotte pas ou ne fait pas un bruit à réveiller tout le voisinnage.
Et puis il y a des produits comme les AbsoluteBlack GraphenPads.
Des plaquettes plus chères que la moyenne, visuellement différentes, et surtout accompagnées de promesses assez ambitieuses : moins de chauffe, plus de constance, un freinage plus propre.
La question que l’on se pose : est-ce qu’on sent réellement une différence en roulant ou est-ce destiné aux pros ?
C’est ce qu’on a voulu vérifier, en roulant près de 1000km avec ces plaquettes, sans protocole labo, mais avec des sorties variées : route, gravel light, descentes longues et freinages répétés.
Pourquoi les plaquettes Absoluteblack Graphenpads intriguent autant ?

Difficile de passer à côté.
Les ailettes qui dépassent de l’étrier, le mot “graphène” bien en avant, et un prix qui se situe autour des 50€, pour une durée de vie estimée de 8000km (selon les conditions)
En contre-partie, AbsoluteBlack annonce jusqu’à 35 % de réduction de la chaleur, avec un freinage plus constant et plus silencieux.

Des promesses séduisantes, surtout pour ceux qui roulent en montagne ou qui ont déjà connu du fading en descente (quand la puissance de freinage diminue fortement en descente).
Sur la fiche produit, il y a toute une série de tests que je vous invite à consulter, si vous cherchez un peu de data à ce sujet.

Mais dans la réalité, peu de cyclistes ont de vrais problèmes de surchauffe. Et encore moins les outils pour mesurer ce genre de gain. Du coup, le doute est légitime.
Un concept simple, mais pas anodin
Les GraphenPads reposent sur deux éléments :
- une garniture intégrant du graphène
- de grandes ailettes de refroidissement à l’arrière de la plaquette.
L’objectif est simple : mieux gérer la chaleur.
Cela permet de garder un freinage plus stable, surtout quand les descentes s’allongent ou que les freinages s’enchaînent.
Le graphène est censé améliorer la dissipation thermique et remplacer certains matériaux classiques comme le cuivre.
Quant aux ailettes, elles augmentent la surface exposée à l’air pour aider à refroidir l’ensemble.
Montage et rodage : Aucun problème
L’emballage est soigné, c’est un produit agréable à déballer, bien qu’il s’agisse d’un simple consommable. On voit que la marque s’est penchée sur l’expérience premium et c’est toujours un petit plus.


Côté montage, rien de particulier. J’avais lu pas mal de critiques à ce sujet, sur le côté artisanal de la fabrication et la difficulté à faire entrer les plaquettes dans les étriers. Ici, aucun problème, en quelques minutes elles sont installées.


Les plaquettes se positionnent comme n’importe quel modèle Shimano.
Pas de difficulté spécifique, pas d’ajustement particulier.

Là où ça change vraiment, c’est sur le rodage. AbsoluteBlack insiste dessus, et à juste titre.
Quelques freinages progressifs au début, puis une montée en intensité.
Si cette étape est bâclée, le ressenti peut être complètement faussé : bruit, manque de mordant, comportement irrégulier.
Une fois correctement rodées, les plaquettes trouvent rapidement leur place. Le freinage devient plus homogène, plus lisible.
Ce n’est pas spécifique à ce modèle, mais ici, ça semble encore plus important.

Sur le terrain : un freinage plus propre
Les plaquettes ont été installées sur mon Canyon Endurace.
Dès les premières sorties, ce n’est pas la puissance qui marque.
C’est plutôt la manière dont elle arrive.
En descente, le freinage reste très lisible.
On sent bien le point de contact, sans effet trop brutal. Ça ralentit fort si besoin, mais sans donner cette impression “on/off” que certaines plaquettes peuvent avoir.

Sur des descentes longues, avec des freinages répétés, le comportement reste stable.
Pas de variation notable dans le levier, pas de sensation de perte d’efficacité. On garde le même repère du haut en bas. Du coup, on peut doser plus finement, rester propre dans les trajectoires, sans bloquer inutilement.
Ce n’est pas un changement radical mais un feeling assez agréable est rassurant.
Que font les plaquettes Absoluteblack Graphenpads mieux que les autres ?
Ce n’est pas une révolution. Mais sur certains points, la différence est bien là.
- Le freinage est plus progressif, plus facile à ajuster. On contrôle mieux ce qu’on fait, surtout quand l’adhérence est limite.
- Même quand ça chauffe, le comportement reste stable. Pas besoin d’adapter son freinage en permanence.
- Enfin, le silence… en conditions sèches et légèrement humides. Sur ce point, elles se montrent très discrètes une fois bien rodées.
Rien de spectaculaire pris séparément. Mais mis bout à bout, ça donne un freinage plus propre, plus rassurant.
Le vrai frein : le prix

Comptez entre 40-50€ pour un jeu de plaquettes selon le site. On est clairement au-dessus des plaquettes classiques. Chez Shimano, selon la gamme, on peut diviser le prix par deux.
Oui, le gain est perceptible. Mais le prix ne sera pas forcément justifié pour tous les usages.
Pour beaucoup de pratiques, des plaquettes Shimano ou SwissStop font déjà très bien le travail.
Pour ceux qui cherchent un freinage plus fin, plus constant, qui veulent se faire plaisir avec un produit premium…alors foncez, vous ne servez pas déçu.
Verdict : notre avis sur les plaquettes de frein GraphenPads
Les AbsoluteBlack GraphenPads ne sont pas des plaquettes miracles.
Mais ce ne sont pas non plus qu’un produit marketing.
Sur le terrain, elles apportent un freinage plus propre, plus progressif, et plus constant, surtout quand les conditions deviennent exigeantes.
Reste que ce gain a un prix.
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