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Test Light Bicycle AG48 Disc : le pari des roues gravel ultra-larges

Il y a quelques années, une jante gravel avec 40 mm de largeur externe aurait fait sourire. Aujourd’hui, avec des standards de pneus autour 45, 50 mm, la question ne se pose presque plus : les jantes doivent suivre. Light Bicycle l’a bien compris avec sa nouvelle AG48 Disc, une roue aéro-gravel pensée directement pour cette évolution vers les gros pneus.

J’ai reçu et monté cette paire sur mon Winspace G3, avec des Continental Terra Adventure en 50 mm à l’avant et 45 mm à l’arrière.

Plus de 1500 km plus tard, entre gravel engagé et chemins roulants, voici ce que j’en pense.

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Light Bicycle, le fabricant qui construit sur mesure depuis 2011

Pour ceux qui ne connaissent pas, Light Bicycle est un fabricant chinois de jantes et roues carbone né en 2011.

Sa spécificité : proposer un configurateur en ligne complet, où l’on choisit soi-même le moyeu, le type de rayon, la couleur des écrous, le type de finition, etc. On est loin du produit fini standardisé qu’on trouve chez la plupart des marques.

C’est justement cette approche sur-mesure qui rend le test intéressant. Ce n’est pas juste une roue qu’on teste, mais une configuration qu’on construit soi-même.

Une jante taillée pour les gros pneus

L’AG48 Disc s’inscrit dans la tendance actuelle du gravel : des pneus toujours plus larges, donc des jantes qui doivent suivre. Avec 35 mm de largeur interne et 40 mm de largeur externe annoncés, elle affiche un profil massif, pensé pour les pneus de 44 à 55C.

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Le principe technique derrière ce choix, c’est la fameuse « règle des 105 % » : pour un fonctionnement aérodynamique optimal, la largeur externe de la jante doit être proche de celle du pneu monté. Avec cette jante très large, Light Bicycle vise clairement les pneus gravel modernes, pas les sections fines d’il y a quelques années.

La hauteur de jante est de 48 mm, en carbone UD (fibre Toray T700/T800), profil symétrique, conception avec crochet & tubeless ready.

Le configurateur : construire sa propre paire de roues

C’est là que Light Bicycle se différencie clairement des autres marques testées jusqu’ici, où il suffit la plupart du temps de choisir son corps de roue libre et parfois les stickers de la jante.

Avant même de recevoir les roues, il faut passer par le configurateur en ligne, où l’on choisit littéralement chaque composant puisque la roue sera monté sur-mesure et à la commande.

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Pour ce test, j’ai opté pour la configuration suivante :

  • Moyeu : Light Bicycle Pace-Hub
  • Corps de roue libre : Shimano Road HG11/12
  • Système de freinage : Centerlock
  • Cliquet : 48 points d’engagement
  • Rayons : Sapim CX Sprint côté transmission à l’arrière, Sapim CX Ray sur les autres brins
  • Écrous : aluminium noir
  • Finition : Paintless (sans peinture, carbone brut)
  • Trous du canal central : avec trous d’accès
  • Trous de drainage : oui
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C’est un vrai exercice à part entière. On peut passer un bon moment sur le configurateur à comparer les moyeux disponibles (DT Swiss 180, 240 EXP, 350, Chris King R45D, Industry Nine Solix, Carbon-Ti, Qvist Mono…), les types de rayons, les couleurs.

Pour quelqu’un qui aime avoir la main sur chaque détail de son montage, c’est un vrai plus. Pour quelqu’un qui veut juste une paire de roues standard sans se prendre la tête, ça peut au contraire sembler too much, il n’est probablement pas la cible.

Le suivi de fabrication, étape par étape

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Autre particularité : une fois la commande passée, Light Bicycle propose un vrai suivi de production, avec une timeline détaillée. On voit précisément où en est sa paire de roues : préparation des matériaux, drapage carbone, moulage, perçage et détourage, finition de jante, contrôle qualité, mise en stock des composants, montage, emballage, puis expédition.

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Chaque étape a une durée annoncée assez précise (par exemple 5 à 10 jours pour la finition de jante, 1 à 3 jours pour le montage).

Pour une commande entièrement personnalisée fabriquée en Chine, c’est rassurant d’avoir cette visibilité plutôt que d’attendre dans le flou pendant plusieurs semaines.

À noter le packaging soigné, et les roues relativement bien protégées permettant d’éviter qu’elles arrivent endommagées après un si long voyage !

Montage tubeless : sans surprise

test roues ag48

Une fois les roues reçues, le montage tubeless s’est fait sans difficulté particulière. Avec les Continental Terra Adventure (50 mm avant, 45 mm arrière), le pneu a claqué directement à la pompe à main, sans compresseur ni artifice. J’ai également installé un fond de jante, sans aucun problème.

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Rien à signaler de ce côté, ce qui est plutôt bon signe pour une jante à crochet aussi large. Parfois ce type de profil complique légèrement le montage, ici ça n’a pas été le cas.

Une fois l’assemblage terminé, je me suis absenté une bonne semaine, à mon retour, la pression des deux pneus n’avait presque pas baissé, preuve d’un montage de qualité !

Le poids et les cotes, vérifiés à la maison

Plutôt que de me fier uniquement à la fiche technique, j’ai pesé les jantes moi-même, sans fond de jante ni cassette : 645 g à l’avant, 790 g à l’arrière, soit 1435 g pour la paire dans cette configuration.

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Light Bicycle annonce 1426 g (+/- 3 %) pour la config standard sur leur configurateur. On est donc pile dans la fourchette annoncée, ce qui est plutôt rassurant sur la fiabilité de leur communication technique.

Côté cotes, j’ai pris mon pied à coulisse. La largeur interne mesurée est de 36,29 mm, contre 35 mm annoncés, un écart minime et cohérent, dans la marge d’erreur normale d’une mesure manuelle sur un profil carbone.

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Pour la largeur externe, les choses méritent un petit éclaircissement. La fiche produit de Light Bicycle met en avant « 40 mm », mais leur propre schéma technique révèle en réalité trois cotes sur le profil de la jante : 35 mm au niveau du canal interne, 40 mm à mi-hauteur, et 48 mm au point le plus large, juste sous les flancs.

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Ma mesure au pied à coulisse, prise à cet endroit précis, donne 48,26 mm. Elle est donc cohérente, aux marges de mesure près, avec cette troisième cote annoncée par le constructeur, plutôt qu’avec les 40 mm mis en avant dans le texte de présentation. Rien d’anormal, simplement une communication marketing qui simplifie en ne retenant qu’une seule valeur là où le profil en a plusieurs.

Sur le terrain, après 1500 km

J’ai roulé ces roues sur plus de 1500 km, entre gravel engagé, chemins forestiers plutôt roulants et quelques centaines de km de route.

Le premier truc qui frappe, dès les premiers coups de pédale, c’est la légèreté.

À 1435 g la paire pour un profil aussi large, on pourrait s’attendre à sentir un peu d’inertie. Ce n’est pas le cas. Le vélo reste vif, ça se ressent immédiatement dans les relances.

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Justement, parlons des relances. C’est clairement l’un des points forts de ces AG48 Disc. À chaque accélération, sortie de virage ou changement de rythme, la réponse est franche, presque nerveuse pour une roue de ce gabarit. On a souvent tendance à associer jante large et profil aéro à une certaine lourdeur en danseuse, ici ce n’est absolument pas le cas. Le poids contenu fait clairement la différence.

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Vient ensuite la question du profil ultra-large en lui-même, et de ce qu’il apporte concrètement sur le terrain.

Avec une largeur externe mesurée à plus de 48 mm associée à mes Terra Adventure en 50/45 mm, la zone de contact au sol est nettement plus généreuse que sur une jante classique. Concrètement, ça se traduit par une accroche plus franche dans les virages sur terrain meuble ou gravillonneux, et une meilleure motricité quand ça grimpe sur des passages cassants.

Le pneu ne travaille pas seul, il est vraiment soutenu par la jante sur toute sa largeur, ce qui évite l’effet ballon mal maintenu qu’on peut avoir avec des pneus larges montés sur une jante trop étroite pour eux.

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Sur le point qui inquiète logiquement le plus avec une jante aussi large, le vent latéral, rien à signaler. La hauteur de 48 mm reste dans une plage encore tout à fait raisonnable pour ne pas souffrir dès que le vent se lève, contrairement à des profils beaucoup plus hauts.

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Au final, ce qui ressort de ces 1500 km, c’est la cohérence de l’ensemble : une jante pensée pour les gros pneus, qui garde malgré tout un comportement dynamique grâce à son poids maîtrisé. C’est exactement l’équation que je cherchais, profiter du confort et du grip d’une section large sans perdre en vivacité.

Le confort, la conséquence logique de ce volume

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Un profil aussi large change aussi la donne côté confort et on le remarque assez vite. Avec cette largeur de jante, le pneu prend une forme plus ronde et peut fonctionner à des pressions plus basses sans risquer le pincement ou le déjantage à basse pression. Sur les passages cassants, les successions de cailloux ou les chemins dégradés, cette réserve de volume d’air filtre nettement mieux les petites aspérités qu’une jante plus étroite montée avec le même pneu.

À qui s’adresse vraiment cette roue ?

Après ces 1500 km, une chose me paraît claire : l’AG48 Disc n’a de sens que si votre pratique suit déjà cette tendance du gros pneu. Monté en 40 ou 42 mm, ce profil ultra-large perd une bonne partie de son intérêt : la jante devient surdimensionnée par rapport au pneu, et on retrouve l’effet inverse de ce qu’on cherche, un couple pneu/jante mal proportionné.

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En revanche, pour un cycliste qui roule déjà en 45 mm et plus, que ce soit pour des courses gravel ou seulement pour le plaisir, cette largeur devient cohérente. Le pneu est bien soutenu, la stabilité dans les virages en profite, et le grip constaté sur terrain meuble ou gravillonneux n’est pas anecdotique.

Ce qu’on peut leur reprocher

Après 1500 km, un point négatif ressort clairement : les stickers de décoration sur la jante sont plutôt fragiles. Plusieurs endroits sont déjà abîmés à cause des projections de cailloux, typiques du gravel engagé.

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Ce n’est pas structurel, ça ne change rien au comportement de la roue, mais pour une paire à ce niveau de personnalisation, on aurait pu s’attendre à une meilleure tenue de la sérigraphie sur la durée.

Mon avis sur les Light Bicycle AG48 Disc

Les AG48 Disc s’inscrivent clairement dans la tendance actuelle du gravel : des jantes toujours plus larges pour accompagner des pneus toujours plus gros. Sur le terrain, la promesse est tenue : poids conforme à l’annonce, montage tubeless sans accroc, comportement sain au vent malgré la largeur, et un volume de pneu bien exploité sur chemins engagés.

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Le configurateur et le suivi de fabrication sont un vrai plus pour qui aime construire sa paire de roues composant par composant, plutôt que de subir un montage figé en usine. Seul vrai bémol après 1500 km : la fragilité des stickers de décoration, qui marquent vite sur gravel technique.

Pour un cycliste qui roule déjà en pneus larges (45 mm et plus) et qui veut une jante cohérente avec ce volume, sans sacrifier le comportement au vent, l’AG48 Disc a des arguments solides.

Ces roues m’ont été fournies en dotation par Light Bicycle.

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