Il est 2h du matin quelque part entre deux CP sur les routes de l’Eure. La route est noire, le silence absolu, et mes seules sources de lumière sont vissées à mon cintre et mon casque.
J’utilise ma lampe Stoots Opalo 3 en frontale, qui suit mon regard à chaque virage, et notamment dans les descentes, ainsi qu’une autre lumière, fixe, sous mon compteur GPS. C’est dans ce contexte que j’ai vraiment compris ce que cette lampe avait dans le ventre.

J’ai utilisé l’Opalo 3 sur un BRM 600 km, puis lors de plusieurs sorties nocturnes sur route et en gravel. Suffisant pour me faire un avis sur ce qui pourrait bien être l’une des références actuelles pour les cyclistes amateurs de longue distance.
Avant de vous en dire plus, quelques mots sur la marque Stoots.
Alimentation : Batterie
Nombres de lumens puissance max : 1200 lumens
Distance : Jusqu’à 120m
Stoots est née en 2011 dans les forêts du nord de la France. Un groupe d’ingénieurs R&D, tous accros aux sports outdoor nocturnes, qui fabriquent leurs premiers prototypes dans un atelier de fortune. L’idée : concevoir des lampes frontales en maîtrisant tout, de la carte électronique jusqu’à l’assemblage final.
Ce qui distingue Stoots du reste du marché, c’est que la marque est la seule en Europe à fabriquer ses propres cartes électroniques en interne.

Résultat : des choix techniques indépendants, une régulation électronique sur toute la plage de fonctionnement de la batterie (pas seulement la première moitié, comme c’est souvent le cas chez les concurrents), et une capacité à personnaliser chaque modèle jusqu’au niveau de la programmation.

L’atelier est aujourd’hui basé à Coublanc, en Bourgogne. Fabrication française, du composant à la lampe finie.
Stoots Opalo 3 : ce qui rend cette lampe différente
La particularité de cette lampe, c’est surtout la qualité du faisceau et la gestion de la lumière.

Le système Mixing Focus adapte automatiquement la largeur du faisceau selon la puissance utilisée. Plus on éclaire fort, plus la lumière porte loin sans créer un énorme halo devant la roue.
À cela s’ajoute un mode Spot indépendant. Concrètement, il permet d’aller chercher un panneau, une intersection ou un repère à + de 120 mètres. C’est hyper pratique.
L’autre originalité vient du système EasyLock. La batterie se visse directement à l’arrière de la lampe. En quelques secondes, on peut la remplacer par une batterie pleine, sans avoir à se préoccuper des câbles etc.
Installation sur le casque et prise en main de la lampe
Le kit que j’ai comprend l’Opalo 3 (+ la MISTI 3 dont je vais parler dans un autre article) , avec un bandeau frontal, un support pour le casque, deux batteries cylindriques EasyLock 18 (qui ressemblent à des grosses piles), un chargeur externe et enfin un câble de recharge USB A vers USB-C.
Tout est bien emballé, protégé, et accompagné d’une notice détaillée.
Petit détail sympa, vous pouvez personnaliser la couleur de la « plaque » à l’avant de la lampe, en orange, ou violet par exemple.

La première bonne surprise, c’est la compacité de l’ensemble. Tout rentre dans une petite pochette néoprène. Et malgré ses 1200 lumens annoncés, la lampe reste discrète sur le casque et ne donne jamais l’impression d’avoir un projecteur vissé sur la tête.

La lampe vient se glisser dans le support de casque ou la sangle de manière assez naturelle et peut s’orienter très facilement.
A noter que pour bien fixer le support de casque, celui-ci doit être équipé d’ouvertures d’aération, notamment sur l’avant. C’est essentiel pour que la fixation ne bouge pas. Dans le cas contraire, vous pourrez toujours bidouiller quelque chose mais ca ne sera pas optimal.

L’interface demande un petit temps d’adaptation. La lampe fonctionne avec un système de double-clic pour l’allumage et un bouton unique pour naviguer entre les différents modes.
Un appuie court = on augmente la puissance (mode suivant)
Une pression longue = on diminue (mode précédent)
Il faut quelques sorties pour développer les automatismes, surtout lorsqu’on manipule la lampe avec des gants ou après plusieurs heures de vélo et qu’on est moins lucide qu’au départ.
Une fois cette phase passée, l’utilisation devient naturelle.
La lampe Stoots Opalo 3, sur la route

Sur un 600 km, on roule une nuit. Parfois deux selon l’heure de départ et sa gestion du repos. La question de l’éclairage n’est pas anodine : une mauvaise lampe, c’est de la fatigue visuelle accumulée, des descentes stressantes, et un moral qui s’effrite dans les portions sans repère, encore plus si on roule dans des chemins.
Ce qui m’a le plus marqué avec l’Opalo 3, c’est la qualité de la lumière elle-même. Pas le chiffre en lumens, mais ce qu’on voit réellement en roulant.


Le faisceau est propre, bien défini, sans le halo parasite qu’on trouve sur beaucoup de lampes à LED. À 400 lumens & selon vos yeux, la lecture de la route est confortable, sans éblouir les rares voitures qu’on croise à 3h du matin.
En montant à 700 lumens et parfois 1200, sur des descentes rapides, la portée suit et le faisceau reste homogène. La route s’éclaire devant soi de façon progressive, pas d’à-coup.

Le mode Spot peut sembler anecdotique, mais après quelques sorties où j’ai cherché le panneau d’une ville ou d’une direction, j’ai changé d’avis. C’est un gain de temps et de confort réel sur la nuit.

La régulation électronique, c’est peut-être la chose la moins visible mais la plus importante. La batterie ne chute pas progressivement : la lampe maintient son niveau d’éclairage jusqu’à 10 % de charge, émet alors quelques flashs d’avertissement, puis descend en mode survie.

On n’a pas ce fondu au noir insidieux qui fait qu’on se retrouve à rouler à 40 % de puissance sans s’en être rendu compte.
La lampe prévient clairement avant de lâcher.
Un autre truc pratique à connaître : les modes cachés. Accessibles en maintenant le bouton appuyé lampe éteinte, ils donnent accès à plusieurs niveaux supplémentaires : rouge faible (5 lm, 300 h d’autonomie), rouge fort (50 lm), rouge clignotant, et un blanc très doux à 20 lm.
Alimentation : Batterie
Nombres de lumens puissance max : 1200 lumens
Distance : Jusqu’à 120m
Ce dernier est parfait pour fouiller ses sacoches à un CP sans éblouir les gens autour. Ces modes consomment très peu et sont utiles au bivouac improvisé, dans les salles de sport en ravitaillement ou pour se signaler en urgence avec le clignotant.
L’EasyLock en conditions réelles
La gestion de l’autonomie sur une ultra-distance c’est un vrai casse-tête. Les lampes à recharge via USB, les câbles dans les sacoches, les batteries à surveiller…

Le système EasyLock change la donne. La batterie est un module cylindrique qui se visse à l’arrière de la lampe. En 10 secondes, on peut la remplacer. Pas de câble, pas d’outillage, pas besoin de lumière pour trouver un connecteur. On dévisse, on revisse, c’est parti.
Avec deux batteries dans le kit, j’ai eu en pratique une autonomie quasi illimitée sur le 600. Dans le cas où il y a plusieurs nuits à enchainer, il suffit de recharger l’une des batteries à l’aide du chargeur externe pendant que l’autre est sur la lampe, et inversement.
Alimentation : Batterie
Nombres de lumens puissance max : 1200 lumens
Distance : Jusqu’à 120m
La recharge via USB-C est un point à avoir en tête : comptez environ 4 heures pour une batterie pleine.
Ce qu’on peut lui reprocher
L’Opalo 3 est une très bonne lampe, mais on peut tout de même lui trouver quelques défauts.

La batterie est propriétaire, au format EasyLock. Ça signifie qu’on est lié à l’écosystème Stoots pour les batteries de rechange, que l’on trouve dans les magasins spécialisés (montagne, trail…) et sur Internet.
Aussi, l’USB-C fonctionne que du côté de la lampe, mais l’autre embout est un USB classique, ce qui ne permet pas une recharge rapide. Cela sera surement le cas des prochains modèles.
Mon avis sur la Stoots Opalo 3
Pour un cycliste qui fait de la longue distance et des sorties de nuit régulières, l’Opalo 3 est probablement la lampe frontale la mieux pensée du marché.
Pas parce qu’elle a le plus de lumens, d’autres en ont autant. Mais parce que tout est cohérent : la qualité du faisceau, l’autonomie ou encore le système de batterie interchangeable et les différents accessoires.

Ce n’est pas pour rien que vous voyez beaucoup de lampes de la marque lors de courses nocturnes.
Pour ceux qui cherchent quelque chose de plus accessible pour une utilisation occasionnelle, il existe bien évidemment des alternatives moins chères. Mais si la nuit fait partie de votre pratique régulière, l’investissement se rentabilise vite.
Alimentation : Batterie
Nombres de lumens puissance max : 1200 lumens
Distance : Jusqu’à 120m
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C’est la même lampe qu’on voit partout sur les ultra, bon test !
Yes, j’ai découvert Stoots sur la Race Across l’an dernier !
Est ce que la lampe est lourde ? Sur le casque toute la nuit qu’est ce ca donne ? (pour une femme)